Violences faites aux femmes : les officines du 20e arrondissement ont bien activé le dispositif «alerte pharmacie»

Les femmes victimes de violence peuvent désormais bénéficier du dispositif « alerte pharmacie » permettant de s’adresser à des pharmacien.ne.s pour être mises en sécurité au sein des 22 000 officines. 

Discrètement, le personnel a accroché quelques affiches, au fond du magasin. Celles-ci ont été distribuées par la mairie du 20e. Manifestement le dispositif « alerte pharmacie » a été pris au sérieux à la pharmacie Belgrand Tenon du 15 rue Belgrand, à Paris. Celui-ci est activé auprès de 22 000 officines avec l’appui de l’Ordre national des pharmaciens.

Dounia, 23 ans, préparatrice en pharmacie, indique : « Nous n’avons pas de formation spéciale pour accompagner les femmes victimes de violences. Nous nous autoformons via https://www.lemoniteurdespharmacies.fr/qui signale la marche à suivre pour aider ces personnes ». Sur ce site, le pharmacien est redirigé vers le portail Cespharm, qui propose une fiche réflexe sur la conduite à tenir et les mesures à prendre dès la connaissance de cas de violences. Le professionnel isole la victime dans l’espace de confidentialité et appelle la police.

Depuis le confinement en mars dernier, 200 000 femmes ont été victimes d’agressions par leurs compagnons en France. Selon le ministère de l’Intérieur, on constate une hausse de ce fléau de 32 % en zone rurale et de 36 % en zone urbaine. Face à cette situation, le gouvernement a mis en place différents moyens de lutte : le 3919 (appel anonyme et gratuit), l’envoi SMS au 114 et la plateforme stop-violences.gouv.fr, dont le dispositif « alerte pharmacie ».

Pour sensibiliser la population, la mairie du 20e arrondissement a participé, le 25 novembre dernier, à la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes avec pour slogan : « Brisons le cercle des violences ! ». L’employée du Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) affirme : « Ce phénomène de violences touche toutes les classes sociales, également les femmes en télétravail ». Elle ajoute : « La mairie avait même mis en place un accueil de jour aux Halles pendant le confinement ».

Elles demandent des « masques 19 »

Dounia ajoute : « Il arrive que ces femmes, accompagnées ou pas, soient gênées. Nous ne détectons pas systématiquement leurs souffrances. Ce sont des cas rares. Mais il arrive qu’elles demandent des « masques 19 », c’est un code d’alerte utilisé en cas de violences conjugales. Discrètement, le personnel se charge d’elles. Celles-ci ont la possibilité de se confier, d’être consolées. L’alerte auprès des forces de l’ordre est déclenchée. Ces femmes peuvent porter plainte. Elles sont orientées aussi vers des associations tel le HAFB (Halte aide aux femmes battues) dans le quartier. »

Sylviane Métri (texte)

Maxime Amat (photo)