Restaurateurs et acteurs de l’événementiel unis pour sortir de l’ombre

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Post category:Social

À l’appel de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) et du groupement national des indépendants (GNI), les laissés-pour-compte de la crise, sur le banc de touche depuis plus de deux mois, ont manifesté le 14 décembre, à Paris, pour crier leur désarroi.

Leur mot d’ordre : « Laissez-nous travailler ! » Après de longs mois de fermeture des bars-restaurants et de l’ensemble des lieux culturels et évènementiels, plusieurs centaines de professionnels se pressent place des Invalides dans le 7e arrondissement de Paris, pour faire entendre leur voix.

 Gérante du restaurant bio La Carotte en Mayenne, Ingrid Strebinger, toque sur la tête, explique : « J’ai mis toute ma vie dans mon commerce. Je suis là pour qu’on puisse continuer d’exister. » Elle dit avoir tout mis en œuvre pour respecter les règles et elle souhaite maintenant que l’on annule ses charges. « J’ai 1 500€ d’aides mensuelles de l’État mais je dois débourser 5 000€ par mois, ce n’est pas possible ! » Au-delà des difficultés financières, c’est l’ambiance pleine de vie de son restaurant qu’elle regrette : « Les gens me manquent », soupire-t-elle.

« J’ai fait 50 euros de chiffre d’affaires en 15 jours »

Même son de cloche du côté de Ghislaine Azzouz, gérante d’une boutique de robes de mariée à Argenteuil (Val-d’Oise). « Je n’ai plus de salaire depuis le mois de mars », lâche cette quinquagénaire au bord des larmes. Elle plaide pour une réouverture des salles de réception avec un protocole sanitaire bien défini. La détresse se lit sur son visage : « Depuis la réouverture de ma boutique, j’ai fait 50 euros de chiffre d’affaires en 15 jours. »

 Le message véhiculé par la manifestation est bien celui de la solidarité entre des corps de métiers interdépendants. Gérante d’un hôtel Best Western dans le 13e arrondissement de Paris, Roselyne porte haut sa pancarte noire symbolisant le deuil du secteur de l’hôtellerie.  « On veut rouvrir ! » affirme-t-elle, comme un cri du cœur. L’hôtelière émet l’hypothèse d’un calendrier de réouvertures progressives, par région. Elle pense aussi aux musées, restaurants et agences de voyage : « On ne va pas les uns sans les autres, c’est pour ça que nous sommes tous ensemble aujourd’hui. » Distributeur de boissons en gros près de Roissy, André parle quant à lui de « dommages collatéraux » concernant sa profession, sinistrée depuis la fermeture des restaurants et les annulations en chaîne d’évènements et de congrès. Pour Nicolas Desbordes, l’un des fondateurs de l’Organisation du personnel de la restauration dans l’évènementiel : « C’est simple, d’ici cinq à six mois, si rien n’est fait, on est finis. »

 

Lauriane Roger-Li (texte)

Karine Peron (photo)