Coulisses du Médialibre jour 2 : rebondir dans la joie et l’allégresse

Première journée, premières difficultés pour les membres de la rédaction d’Est-Actu. Entre excitation et détermination, la journée a été jalonnée de moments de désarroi et de déception. Mais dans l’adversité se révèlent d’insubmersibles combativités…

Il est tôt, à peine 9 h, et l’équipe du matin des secrétaires de rédaction est déjà sur le pont. Lucile, Géraldine et Carine corrigent et éditent les articles reçus la veille dans la soirée (Tests PCR : les laboratoires trop lents seront moins bien remboursés,  Professionnels du mariage : la fête est finie, etc.). Heureux de retrouver l’équipe en cette deuxième journée, les stagiaires semblent détendus. Ils échangent leurs idées de sujet en attendant le début de la conférence de rédaction.

Atmosphère tendue

Fanta réfléchit, une main posée sur son front.
Après un coup de fil décevant, Fanta laisse éclater son désarroi.

Mais ce calme vole en éclats avec l’entrée fracassante de Fanta. Elle est en colère. Accompagnée d’Amandine, elle devait couvrir hier l’inauguration du nouveau tronçon de la ligne 14 du métro par Jean Castex, à Saint-Ouen. Elles ont pour cela contacté les attachées de presse de la mairie de Paris et de Valérie Pécresse. « On nous a répondu : « on a déjà sélectionné nos journalistes ! « , peste Fanta. Il faut être dans leurs petits papiers pour pouvoir faire quelque chose ! Et on nous a laissé entendre que le problème venait aussi du fait que nous étions en formation : on s’est senties déconsidérées. Ce n’est pas parce qu’on est en formation qu’on ne peut pas travailler. C’est extrêmement frustrant. »

Cette première journée a confronté les stagiaires aux principales difficultés de la profession. Camille et Matthieu sont partis en reportage sur le site des Puces de Montreuil (Grand Paris, bienvenue dans le monde d’après à la porte de Montreuil), qui fait l’objet d’un réaménagement nébuleux. Camille a découvert la complexité du travail de terrain et du recueil d’informations : « Sur le site, on sentait une atmosphère tendue. Les gens étaient mal à l’aise, ils ne voulaient pas nous parler. Personne ne semblait au courant de l’évolution du chantier alors qu’il se trouve à 200 mètres de leurs étalages. On s’est demandé s’il n’y avait pas une loi du silence qui s’était installée, d’autant plus que certains des commerçants semblent exercer leur activité sans autorisation légale. »

Camille et Matthieu en pleine discussion.
Camille et Matthieu affrontent les difficultés avec courage et détermination.

Pour Matthieu, le sujet s’est révélé également difficile à traiter : « On devait travailler sur l’évolution d’une situation dans le temps : photographiquement parlant, c’est compliqué. On a un peu déplacé le cadre du sujet pour se débrouiller avec ce qu’on avait : la vie du quartier, les gens. » Tous deux ont puisé dans leur faculté d’adaptation, qui leur a permis de traiter ce sujet malgré tout et de réagir rapidement à la situation.

Rebondir

Cette réactivité à toute épreuve est un impératif et les stagiaires en sont conscients, à l’instar de Pauline. Elle avait décidé, lors de la première conférence de rédaction, de se rendre à Pantin avec Arthur pour un reportage sur le restaurant d’insertion Le Relais. Mais le sujet s’est avéré impossible à traiter dans le délai imparti. « Le président de l’association qui gère le restaurant était en plein dans la préparation d’un événement important pour le week-end suivant : ni lui ni aucun membre du personnel ne pouvait nous recevoir, explique Pauline. Il nous a proposé un rendez-vous en janvier 2021. Il a fallu trouver un autre sujet ( Musique aux balcons, chansons en partage), rebondir très rapidement : ça fait partie du jeu. » Pour les stagiaires de l’Émi, la difficulté est devenue un défi  !

 

Texte : Chloë Money

Photos : Ségolène Ragu