Les achats de Noël jugés «essentiels» par les consommateurs

 Noël de crise mais Noël quand même. Ces fêtes auront une saveur particulière mais qu’importe. Il n’est pas question de réduire la liste des cadeaux, bien au contraire. Les Parisiens sont plus que jamais décidés à combler leurs proches comme pour conjurer la morosité ambiante.

À dix jours des fêtes de Noël les Parisiens arpentent les rues à la recherche des cadeaux qu’ils vont offrir. Du côté de la cour Saint-Émilion (voie privée du quartier de Bercy, Paris 12e) ils n’ont pas changé leurs habitudes pour ce qui est de la quantité de cadeaux, mais une pointe d’amertume se fait sentir.

Malgré une affluence modérée dans les boutiques (Fnac, la Cure gourmande, Zing pop culture, Maje, IKKS, etc.), les clients ne semblent pas vouloir que ce Noël fasse exception. Safia et Caroline, l’une commerciale et l’autre cheffe de produit maketing, âgées de 34 ans, n’ont pas été impactées par la crise. Après des achats à la Fnac, elles se dirigent vers Rituals, une boutique de cosmétiques et de soins relaxants pour y acheter des huiles et des crèmes parfumées. Fanny, interprète en langue des signes, toute de noir vêtue, hésite devant le large choix des box séjours. « Mon Noël se passera comme d’habitude, j’offre essentiellement des livres et des cadeaux faits maison. »

La crise sanitaire actuelle est parfois une raison supplémentaire pour gâter sa famille comme pour Béatrice, une employée dans une banque de 43 ans. Elle vérifie que son coffret, principalement rempli de livres, est au complet, avant de confier : « Cette période est déjà difficile, on veut que les enfants le ressentent le moins possible. Il y aura autant de cadeaux qu’à l’accoutumée. Je respecte la liste qu’ils m’ont faite. » Dans le magasin de prêt-à-porter IKKS, Véronique, secrétaire de 59 ans, carte de crédit à la main, approuve : « Cette année, pas d’exception, j’ai prévu la même quantité de cadeaux. Au programme : des vêtements, des accessoires, des spiritueux et un parfum. »

Seul changement : le nombre d’invités. La limite de six personnes annoncée par le gouvernement est un inconvénient, qui pour certains se transforme en avantage ; ils pourront ainsi acheter autant de cadeaux par personne. Entre deux rayons de figurines, Lionel, 33 ans, vendeur de climatiseurs, couvert d’un blouson noir, explique avec une légère déception dans la voix : « J’achète essentiellement des jouets mais beaucoup moins car cette année la famille est divisée en deux, on fera moins la fête et on essaiera d’être plus raisonnable. » Chez Véronique, rencontrée plus tôt dans le magasin IKKS, les choses sont simples : « On entre dans la limite réglementaire, nous sommes six, pile-poil ! »

Albane Cousin (texte)
Sabrina Dolidze (photo)