Professionnels du mariage : la fête est finie

Victimes de la crise sanitaire, les organisateurs de mariages se sont joints à la manifestation des restaurateurs aux Invalides, ce lundi 14 décembre. Ils réclament au gouvernement des aides financières supplémentaires.

Des mariés souriants sur un camion, cernés par des pierres tombales. L’image est forte mais traduit bien la situation actuelle des professionnels de l’organisation de mariages en France. Le secteur, sinistré depuis le premier confinement, cherche aujourd’hui une visibilité et une reconnaissance des pouvoirs publics, notamment à travers les dispositifs d’aide mis en place : pour le mois de décembre, un droit d’option entre une enveloppe pouvant aller jusqu’à 10 000 € ou une indemnisation de 20 % du chiffre d’affaires mensuel. À l’appel de l’UMIH, l’instance représentative des métiers de l’hôtellerie, de nombreux professionnels de l’organisation de mariage ont rejoint le rassemblement organisé aux Invalides. Ils réclament au gouvernement des aides supplémentaires et, surtout, un calendrier clair. Nabil Aarab, gérant de la société d’événementiels Dar-Event et président de la Fédération des professionnels du mariage en Ile-de-France créée en décembre 2020, explique : « Notre président et notre gouvernement ont parlé de tout le monde, sauf de nous. On est les grands oubliés, donc on s’est organisés. »

Déjà 200 adhérents

La fédération regroupe environ 200 adhérents répartis dans une dizaine d’antennes départementales franciliennes. Elle amorce la structuration de l’ensemble des métiers mobilisés dans la préparation d’un mariage : fleuristes, vendeurs de robes de mariées, traiteurs, etc. Ces professionnels se sentent abandonnés et demandent des appuis plus cohérents de la part de l’État. D’abord la reconnaissance de leurs métiers, dont certains sont absents des nomenclatures de l’Insee, ce qui peut bloquer les dossiers de demande d’aides financières. Ensuite, quid des propriétaires de grandes structures dont les charges mensuelles (loyers, frais fixes…) peuvent atteindre 20 000 à 30 000 euros et pour qui l’enveloppe prévue reste très insuffisante ?

Activité à l’arrêt

L’horizon de ces structures s’assombrit à mesure que la fermeture des établissements et les reports de mariages perdurent. Près de 1 500 lieux de réceptions existent en Île-de-France et sont à l’arrêt depuis mars 2020. En effet, la moitié des mariages a été reportée en 2021, et les nouvelles mesures sanitaires contraignent les futurs époux à décaler en 2022, voire à annuler les festivités. Leurs prestataires et sous-traitants souffrent également de cet arrêt total de l’activité et pourraient déposer le bilan à court terme. Il reste toutefois difficile de quantifier le montant exact des pertes en raison de l’éparpillement des structures et des acteurs de ce marché de niche. Pour Nabil Aarab, l’horizon est bien sombre : « Si rien ne change, dans six mois, je mettrais la clé sous la porte ». Et ses 45 employés – au plus fort de l’activité estivale – également.

 

Géraldine Lalu (texte)

Maxime Gruss (photo)