Débats parlementaires : les Climato-sceptiques en embuscade

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Totalement opposée à la thèse du réchauffement climatique, l‘association française des « climato-réalistes » joue des coudes pour imposer ses théories dans les sphères politique et médiatique. Elle est soutenue dans sa démarche par le club d’idées Liens directs, dont les réseaux portent jusqu’aux militants écologistes et au président du Sénat.  

Le 22 janvier 2020, à deux pas de l’Assemblée nationale, une quinzaine d’hommes se réunit dans la « salle des Premiers ministres » du restaurant Chez Françoise, dans le 7e arrondissement de Paris. Ils sont entrepreneurs, militants associatifs, politiciens ou retraités. L’un d’eux s’installe en bout de table. Il ouvre son ordinateur portable et, après le tour de présentation, prend la parole : « Bonjour, je suis Benoît Rittaud, mathématicien et maitre de conférences à l’université Sorbonne Paris Nord. Je vais défendre une opinion plutôt rare et très peu entendue : il n’y a pas d’urgence climatique. » L’assistance reste muette. Seuls les bruits de bouches et d’assiettes perturbent la tranquillité du repas.

Bien qu’encore peu influent, le Collectif des climato-réalistes, présidé par Benoît Rittaud, est bien décidé à lutter contre le consensus scientifique et politique sur les causes du réchauffement du climat. Encouragés par l’accession au pouvoir, outre-Atlantique, de négateurs du dérèglement en cours – Donald Trump aux États-Unis, Jair Bolsonaro au Brésil, ses membres n’hésitent plus à prêcher le climatoscepticisme au plus près des instances dirigeantes françaises. Une association, Liens directs, met à profit ses réseaux pour les aider à s’immiscer dans les travées du Parlement. 

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Restaurant « Chez Françoise » @CamilleNivollet

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Relais dans les lieux de pouvoir

Situé entre le ministère des Affaires étrangères et l’Assemblée nationale, le restaurant Chez Françoise est un lieu de pouvoir et d’entre-soi. Les parlementaires de tous bords y ont leurs habitudes. C’est là, entre les murs de la « salle des Premiers ministres », ornés de caricatures des occupants successifs de Matignon, que se tiennent les conférences de Liens directs.

Fondée en 2003 par des personnes du monde de l’entreprise, l’association travaille à tisser des liens entre parlementaires et entrepreneurs. Si l’on en croit son site web, plus de 90 élus du Parlement auraient déjà répondu à ses invitations. Comme l’ancienne députée européenne Rachida Dati, venue en 2011 parler social et avenir de l’Europe.

« À chaque conférence, on fait intervenir un parlementaire ou un expert sur le sujet à l’ordre du jour », explique l’un des vice-présidents de Liens directs, Hervé Azoulay, ingénieur à la retraite. « C’est moi qui ai proposé Benoît Rittaud pour la rencontre sur le climat. Je l’ai découvert lorsque que je cherchais des avis divergents sur la question climatique. Je suis tombé sur le site des climato-réalistes, et ce qu’ils avaient à dire m’a paru digne d’intérêt. »

À première vue, les deux hommes ont peu en commun. Ils sont pourtant d’accord sur une chose : la thèse dominante sur le dérèglement climatique ne serait qu’une vaste imposture.

« Quand allons-nous arrêter ce grand mensonge et faire croire (sic) qu’en 150 ans d’industrialisation nous avons changé le climat ? », écrit ainsi Hervé Azoulay dans son article « La fake news du siècle : le réchauffement climatique », paru le 16 juillet 2019 sur le site web L’observatoire du mensonge, proche de l’extrême-droite.

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Benoit Rittaud @CamilleNivollet

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Hervé Azoulay @CamilleNivollet

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La bande à Rittaud

Le Collectif des climato-réalistes a été créé le 1er septembre 2015, deux mois avant la COP 21 de Paris. Il est composé, pour l’essentiel, de scientifiques et d’universitaires, et s’est illustré en organisant des « contre-sommets » en marge des COP21, 22 et 23. Des raouts qui attirent peu les foules : le nombre de spectateurs n’excède jamais la centaine. Il n’y a d’ailleurs pas eu d’édition pour l’année 2019.

Lorsque nous rencontrons Benoît Rittaud dans un café près de Bastille, son discours est policé « Je préfère des mots qui apaisent plutôt que des mots qui hystérisent, affirme-il. Je ne cherche pas tant à convaincre les autres qu’à être compris d’eux. » A mille lieux des articles à charge qu’il rédige régulièrement pour le site de Valeurs Actuelles.

Benoît Rittaud estime que ses troupes pensent les questions environnementales « de manière plus rationnelle » que les autres. « Contrairement à ce qu’on peut entendre, être climato-réaliste ne signifie pas que l’on se désintéresse des questions environnementales. Nous ne sommes pas les ennemis de l’environnement, bien au contraire. On s’y intéresse d’une autre façon. » Dans le viseur de son association, les grévistes pour le climat comme Greta Thunberg, les ONG environnementales en particulier la Fondation Nicolas Hulot -, les médias « mainstream » qui relaient les discours écologistes et, surtout, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

D’après le mathématicien, le GIEC s’est progressivement mué en organisation bureaucratique, un type de système dont « le propre est de chercher sans cesse des prétextes pour justifier son existence et ainsi se perpétuer. Dans le cas du GIEC, le motif est tout trouvé : c’est l’alarmisme écologique ».

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Benoît Rittaud fait également partie du réseau international Clintel, dont il est l’ambassadeur pour la France. Ce « groupe d’intelligence climatique » fondé par le néerlandais Guus Berkhout, ancien ingénieur de la compagnie pétrolière Shell, a lan le 26 septembre 2019 un manifeste intitulé « Il n’y a pas d’urgence climatique », signé à l’heure actuelle par 813 « scientifiques et professionnels ».

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« Je ne m’attendais pas à ça. On te sert un bon petit déjeuner dans un joli cadre, ça te donne de l’importance. Et après, on te vend un discours intellectuellement malhonnête »

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Débattre avec les écologistes

Christian, technicien de télévision à la retraite, sexagénaire jovial et direct, est militant écologiste depuis les années 1980. Il n’a pas apprécié sa rencontre avec Benoît Rittaud au restaurant Chez Françoise. Il s’est senti piégé par les propos du mathématicien. « Je ne m’attendais pas à ça. On te sert un bon petit déjeuner dans un joli cadre, ça te donne de l’importance. Et après, on te vend un discours intellectuellement malhonnête », c’est-à-dire, selon lui, qui grossit des détails pour mieux occulter la situation globale.

Comment Christian l’écologiste a-t-il pu se retrouver dans cette galère ? Il était invité par son ami André Added, fondateur et président de Liens directs. Les deux hommes se sont connus à Poissac, en Corrèze, où ils sont voisins. Le 29 janvier 2019, une semaine après la conférence de Chez Françoise, ils se retrouvent au cinéma Chaplin à l’occasion de la projection d’Après demain, un documentaire de Cyril Dion et Laure Noualhat qui promeut l’écologie politique. Cette fois, c’est Christian qui invite André.

Après la séance, Added propose d’organiser la projection du documentaire à Excideuil, dans le Périgord, où il a de l’entregent et demande à Christian de le mettre en contact avec des députés européens Europe écologie-Les verts pour qu’ils interviennent dans des conférences de Liens directs.

André Added est un homme de réseau. La soixantaine lui aussi, il porte une cravate rouge, un chapeau à la François Mitterrand, et une montre à deux cadrans « un pour la France, un autre pour le Texas, où ma fille habite ». Sur son veston, un insigne du Rotary club. En marge de Liens directs, l’homme anime le Cercle d’intelligence économique (CIE) du Medef. A la différence d’Azoulay, Added n’est pas un climatosceptique convaincu. Et malgré quelques assoupissements pendant la projection, l’homme assure même avoir beaucoup aimé le film Après demain. « C’est bien, les contradictions », assume-t-il.

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Salle du cinéma le Chaplin @CamilleNivollet

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Les réseaux d’Azoulay

La musique classique du très chic café de la Paix n’arrive pas à couvrir les bruits de travaux qui troublent cette fin de matinée de janvier. C’est là qu’Hervé Azoulay aime à donner ses rendez-vous. Entre deux gorgées de café crème, il revient sur son parcours : « Je n’ai jamais travaillé dans le public. Ce n’est pas mon style. » Diplômé du Cnam en 1970, il exerce ensuite comme ingénieur informatique dans de grands groupes comme Schneider Electric. Une fois à la retraite, il écrit sur l’informatique, l’investissement en banlieue et l’ENA. Des travaux qu’il autoédite.

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Depuis la catastrophe de Tchernobyl de 1986 et son traitement opaque par les autorités françaises, Hervé Azoulay frise le complotisme. « Je connais bien les élites. Chez Scheider Electric, j’ai travaillé avec elles pendant des années. Avec les polytechniciens sur le nucléaire, avec les énarques pour tous les dossiers. Ce sont eux qui dirigeaient tout. » Durant les années 1990, alors dans l’entourage du député et ministre Alain Madelin, il connaît « tous les attachés parlementaires de Paris » et se trouve, affirme-t-il, « au cœur du système ». Encore proche du monde politique aujourd’hui, il estime être un témoin privilégié de l’inefficacité de l’action publique.

Hervé Azoulay se méfie du GIEC, « le bras armé des apparatchiks de l’ONU ». Il admet qu’il n’est « pas un spécialiste » du climat : « Je ne suis pas un scientifique. Mais j’ai beaucoup lu sur le sujet [Richard Lindzen, Mike Hulme, Werner Munter ou encore John Christy, ndlr] et me suis fait ma propre idée. » Il a signé le manifeste du groupe Clintel. Et il ne s’est pas arrêté là. Début février 2020, il a proposé au président du Sénat, Gérard Larcher, qu’il dit connaître depuis une vingtaine d’années, d’organiser, en octobre 2020 au Palais du Luxembourg, une rencontre autour des enjeux climatiques sous l’égide de Liens directs.

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En France, des perspectives (pour l’instant) limitée

Le 28 juin 2019, dans un auditorium de l’ENS Lyon, se tient un débat sur le phénomène climatosceptique. Lionel Scotto d’Apollonia, sociologue et épistémologue, sourire en coin et accent occitan, encourage la controverse dans le débat scientifique, y compris jusque sur le terrain miné du climat. «C’est dans la contradiction que la science progresse, estime-t-il. Sans oublier que le débat est la base de notre démocratie.» Il est d’ailleurs enthousiaste d’apprendre la possible tenue d’un colloque au Sénat, « à condition qu’il ne soit pas biaisé », précise-t-il.

Par leur travail pour décrédibiliser le consensus autour du réchauffement climatique, les climatosceptiques « mettent en évidence les faiblesses rhétoriques et certaines des failles scientifiques des défenseurs de la thèse des causes anthropiques du réchauffement », poursuit le sociologue.

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Pour lui, les « climato-réalistes » ont un comportement « micellaire : comme des champignons, un peu d’humidité et ça ressort. » Plutôt orientés à droite, ils font peu de bruit afin de ne pas heurter frontalement le consensus scientifique et politique. Mais dès que la situation s’y prête, ils se découvrent pour grappiller un peu d’espace médiatique.

[/et_pb_text][et_pb_text _builder_version= »4.3.2″]La stratégie porte ses fruits dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Le 3 décembre 2019, Jean-Charles Taugourdeau, député Les Républicains du Maine-et-Loire, suscitait la polémique lors de la séance des questions au gouvernement, en mettant en doute les normes écologiques et les discours sur le dérèglement climatique : « Vous savez ce que disent les Français dans les campagnes ? [Que] c’est le nouveau truc à la mode pour nous pomper notre fric ! » 

La sortie a été saluée par Benoît Rittaud : « Pour la première fois, un propos remettant en cause la doxa en matière de réchauffement climatique s’est fait entendre à l’Assemblée nationale […] Jean-Charles Taugourdeau vient peut-être de donner le signal d’un réveil politique français sur la question », se réjouissait le mathématicien dans une tribune publiée le 4 décembre 2019 sur le site de Valeurs Actuelles.

Ce n’est pourtant pas la première fois qu’un homme politique français reprend le vocable climatosceptique. En 2016, lors des primaires de la droite pour les élections présidentielles de 2017, Nicolas Sarkozy déclarait qu’« il faut être arrogant comme l’homme pour penser que c’est nous qui avons changé le climat ».[/et_pb_text][/et_pb_column][et_pb_column type= »1_4″ _builder_version= »4.3.2″][/et_pb_column][/et_pb_row][et_pb_row column_structure= »1_2,1_2″ _builder_version= »4.3.2″][et_pb_column type= »1_2″ _builder_version= »4.3.2″][et_pb_image src= »http://medialibre.info/climat/wp-content/uploads/2020/02/Climatosceptique_camillenivollet-19-16.jpg » _builder_version= »4.3.2″][/et_pb_image][et_pb_text _builder_version= »4.3.2″ text_font= »Abel|||||||| » text_font_size= »15px » background_enable_color= »off » custom_margin= »-24px||||false|false » custom_padding= »0px|0px|0px|0px|false|false »]Assemblée Nationale @CamilleNivollet[/et_pb_text][/et_pb_column][et_pb_column type= »1_2″ _builder_version= »4.3.2″][et_pb_image src= »http://medialibre.info/climat/wp-content/uploads/2020/02/Climatosceptique_camillenivollet-19-17.jpg » _builder_version= »4.3.2″][/et_pb_image][et_pb_text _builder_version= »4.3.2″ text_font= »Abel|||||||| » text_font_size= »15px » background_enable_color= »off » custom_margin= »-26px||||false|false » custom_padding= »0px|0px|0px|0px|false|false »]Assemblée Nationale @CamilleNivollet[/et_pb_text][/et_pb_column][/et_pb_row][et_pb_row column_structure= »1_4,1_2,1_4″ _builder_version= »4.3.2″][et_pb_column type= »1_4″ _builder_version= »4.3.2″][/et_pb_column][et_pb_column type= »1_2″ _builder_version= »4.3.2″][et_pb_text _builder_version= »4.3.2″]

Autrefois circonscrite au monde anglo-saxon, la doctrine climatosceptique a essaimé dans le monde. Outre l’essor d’Internet, on peut expliquer le succès de cette entreprise d’internationalisation par la stratégie bien rodée mise en place par l’industrie fossile et ses relais idéologiques.

« Les climatosceptiques ne sont pas nombreux dans les cercles politiques. En revanche, ils sont bien organisés et savent mettre à profit leurs réseaux », explique Mat Hope, rédacteur pour DeSmog UK. Lancé en 2014, ce média en ligne traque l’influence des climatosceptiques dans le débat public et s’emploie à mettre en lumière leurs collusions avec les compagnies pétrolifères.

Le climatoscepticisme a-t-il un avenir en France ? Pour le journaliste anglais, l’hypothèse n’est pas à écarter même si, selon lui, la lutte contre l’écologie est plus un prétexte qu’une fin en soi pour la plupart des tenants de cette idéologie : « La plupart des politiciens n’accordent pas réellement de crédit aux idées climatosceptiques. En revanche, certains sont tout à fait prêt à s’en accommoder, si cela leur permet de continuer à appliquer leur programme politique. »

À ce jour, le Sénat n’a en tout cas pas donné suite à la proposition de colloque par Hervé Azoulay.

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