Les habitants du quartier de la place des Fêtes déambulent dans les rues pour rassembler les manifestants

L’ambiance est joyeuse, le 17 décembre au matin, parmi les manifestants réunis au départ du marché de la place des Fêtes. Des carnets de chant intitulés Faisons-les battre en retraite ! circulent de main en main. Guirlandes, banderoles et porte-voix sont également de sortie sous un soleil réjouissant, lorsque le modeste cortège d’une cinquantaine de participants se met en marche.

La “déambulation” de ces habitants du nord-est de Paris se déroule sur 4 kilomètres, jusqu’à la Cantine des Pyrénées, étape pour un repas convivial, avant d’aller rejoindre la grande manifestation nationale. Selon Lyra, membre actif du collectif de la place des Fêtes, cette marche est à l’image de son quartier, populaire et riche en initiatives.

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© Léonor Lumineau

On rencontre ici des gens de toutes générations confondues. La convergence des luttes et la pluralité des causes à défendre sont une évidence. La veille, l’assemblée préparatoire était ouverte à tous, et on pouvait y croiser des Gilets jaunes de Belleville ou des enseignants-chercheurs.

Aurore, enseignante dans un collège local, porte tout contre elle la petite Jeanne, âgée de quelques mois. “Il s’agit, pour moi, d’une lutte générale contre les politiques libérales”, nous dit-elle. Avec plusieurs de ses collègues présents dans le cortège, c’est lors d’une de ces assemblées de quartier qu’Aurore a trouvé d’autres moyens de prolonger sa lutte, au-delà des corporatismes.

Ce qui est important, c’est que les gens se rencontrent

Lorsqu’on questionne l’impact de cette manifestation de quartier, les participants sont plusieurs à affirmer que ce modèle gagnerait à se multiplier. “Aujourd’hui, ce qui est important, c’est de se joindre à la grève. Mais aussi, de répondre à des politiques offensives par des liens de solidarité et des initiatives, par et pour les habitants.”

Thibault d’Argent