Bordeaux : la bulle immobilière n’aura pas lieu

En dépit d’une hausse de 23 % du prix du mètre carré en cinq ans à Bordeaux, les prix ne font que rattraper ceux de 2011, selon les notaires de France.
L’arrivée massive de Parisiens à Bordeaux a généré un phénomène de gentrification. Photo : Adrian Scottow CC via Flickr.

L’arrivée massive de Parisiens dans la ville de Bordeaux faisait craindre un phénomène de spéculation immobilière. Les notaires se veulent cependant rassurants, comme ils l’ont indiqué mardi 19 décembre : si les prix des appartements anciens sont ceux qui ont le plus grimpé en province en 2017, « nous ne sommes pas dans un phénomène de bulle immobilière », a déclaré le notaire Thierry Thomas lors d’une conférence de presse. « Nous atteignons, ou nous rattrapons, les prix de vente de 2011 sans pour autant battre des records, sauf en Île-de-France et sur Bordeaux. »

En un an, les prix médians avaient bondi de 12,1 % à 3 590 euros le mètre carré à Bordeaux fin septembre. En 2016, Bordeaux était déjà la ville où le mètre carré avait le plus augmenté, + 15 % sur un an et + 23 % sur cinq ans. « Certes importante à Bordeaux », cette hausse marque toutefois « un rattrapage », en particulier pour les maisons de l’agglomération qui concentrent la moitié des transactions, jugent les notaires de France. « Il y a l’effet ligne à grande vitesse et toute une politique de la ville qui a certainement rendu Bordeaux très attractive », a souligné M. Thomas.

À deux heures de Paris depuis l’entrée en service de la ligne LGV début juillet, Bordeaux a vu ses quartiers populaires se « gentrifier », ce qui a nourri une grogne, symbolisée par l’apparition de graffitis affirmant : « Parisien, rentre chez toi. » Toutefois, « les loyers n’augmentent pas » à Bordeaux, « ce qui signifie que le pouvoir d’achat pourrait ne pas suivre », a averti le notaire Thierry Delesalle.

Rédactrice : Barbara Cahen avec AFP