Élisa, le choix de la colocation à 40 ans

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En 2017, un colocataire sur dix a plus de 40 ans. C’est ce que nous apprend le site Appartager.com, plateforme pour la recherche de colocations en ligne. Élisa, elle, a 39 ans. À l’aube de ses 40 ans, elle vit en colocation pour la première fois de sa vie. Elle ouvre la porte de son appartement parisien, en chaussettes et tout sourire.
À 39 ans, Elisa Gomez vit en colocation depuis un an et demi à Paris, avenue Parmentier, dans le 11e arrondissement. Photo : © Christine Pannetier

« Ah bon, tu vas vivre en coloc ? » lancent étonnés les amis d’Élisa, lorsqu’il y a plus d’un an cette photographe emménageait dans le 50-m2 de Claire, 42 ans, sa colocataire. Après une rupture, elle quitte son appartement voisin et des années de vie commune. « Il a fallu mettre dix ans dans une chambre de 8 m2. » La plupart de ses affaires sont toujours à la cave. Mais ses habitudes de vie à deux sont restées, « avec plus de partage au niveau des tâches ménagères ! ». Une fois séparée, elle voulait vivre seule. Elle n’a jamais cherché à vivre en colocation : « Ça m’est tombé dessus. » Par ami d’ami, une annonce Facebook circule, elle connaît la fille de loin mais ne lui a jamais parlé. « Je me suis dit, après tout, pourquoi pas, et j’ai tenté. » Aujourd’hui, Élisa ne changerait de colocataire pour rien au monde. Elle et Claire se respectent, ont le même âge, travaillent, ont le même rythme de vie : « On ne fait plus de grosses « teufs » improvisées. C’est plutôt des dîners, maintenant ! » Elle se sent bien dans cet appartement. La seule raison qui la ferait changer de mode de vie : revivre en couple. Elle s’imagine peut-être vivre seule mais à 50 ans, si elle gagne bien sa vie, qu’elle ne se prend plus la tête sur le loyer… et encore.

Ce mode de vie lui convient

Car, même si la rencontre avec Claire a été déterminante dans son choix de vie en colocation, l’autre argument, c’est l’aspect financier. Les colocataires de 40 ans, selon le sondage de Appartager.com, viennent souvent de divorcer et souhaitent mutualiser leurs dépenses. Surtout dans des villes où se loger coûte très cher, comme à Toulouse, Lyon ou Paris. Élisa paye 630 euros de loyer par mois pour une chambre dans ce trois-pièces du 11e arrondissement parisien. « Prendre quelque chose de plus petit, tout aussi cher, voire plus, je trouvais ça vachement moins sympa », déclare Élisa. Le frigo est partagé en deux, les courses du quotidien type produits ménagers se font au feeling, elles ne sont pas à l’euro près.

Ce mode de vie lui convient. Il est d’ailleurs de plus en plus répandu parmi les quadragénaires. 7,3 % des colocataires dans les villes où le marché immobilier est tendu ont 40 ans et plus. Pourtant, même si Élisa trouve son statut de coloc d’une banalité absolue, elle essuie encore quelques remarques dans son entourage familial. « Et tu penses que tu vas vivre encore combien de temps en coloc ? » lui demande régulièrement sa mère. « C’est une question de génération, ils trouvent ça bizarre », explique la fille. Mais Élisa compte bien rester en coloc. Dans sa chambre, deux gros sacs de vêtements jonchent le sol : « Je fais du tri. Je me sens bien ici et, du coup, je me débarrasse d’une bonne partie de ma vie d’avant, enfin ! »

Rédactrice : Marion Sergent – Photographe : Christine Pannetier