10 août 2009, Gabriel Moraine
Ce week-end, Bogota a provoqué l’ire du président vénézuelien, Hugo Chavez, et frôlé l’incident diplomatique avec l’Equateur. C’est dans ce climat chargé d’animosité que s’ouvre le sommet des présidents de l’Union des nations sud-américaines (Unasur) à Quito en Equateur.

Ce lundi 10 août, les dirigeants sud-américains sont rassemblés en Equateur pour un sommet qui entérinera la réélection de Rafael Correa à la présidence équatorienne. Mais toute l’attention sera portée sur la discussion de l’accord autorisant les Etats-Unis à utiliser des installations militaires en Colombie.
Le président colombien Alvaro Uribe ne sera pas présent, bien que Hugo Chavez l’ait invité à venir s’expliquer sur ce « Plan Colombie », autorisant les forces américaines à utiliser trois bases terrestres, deux bases aériennes et deux bases maritimes.
M. Chavez devrait profiter du sommet pour pousser ses alliés de la région à faire pression sur M. Uribe pour qu’il reconsidère cet accord passé dans le but de rassembler des informations pour lutter contre le narcotrafic et le terrorisme.
Sans surprise, l’Equateur est contre l’accord. Quito a rompu ses liens diplomatiques avec Bogota en mars 2008, après une incursion colombienne en territoire équatorien pour y tuer un commandant des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). La Bolivie s’est également opposé au plan, tout comme le Brésil, qui a demandé à ce que les opérations américaines restent confinées aux frontières colombiennes.
« Un climat de normalité »
De nouveau incidents entre l’Equateur et la Colombie ont émaillé la préparation du sommet. Samedi, onze soldats équatoriens ont été capturés sur le territoire colombien. Ils ont été remis à leurs autorités « dans un climat de normalité », et selon un processus « conforme aux processus établis », a indiqué l’état-major colombien.
Le ministre équatorien de la Sécurité, Miguel Carvajal, a qualifié l’incident de « problème administratif », mentionnant « deux conscrits » et non pas 11 soldats, venus « acheter des vivres » à 300 mètres de la frontière.
La tension a aussi été alimentée par la prétendue incursion de troupes colombiennes au Venezuela. M. Chavez a affirmé, lors de son allocution télévisé dominicale, que des soldats colombiens avaient été repérés alors qu’ils traversaient en bateau le fleuve frontalier Orénoque .
« Prêt au combat »
Le ministère des affaires étrangères colombien a nié l’existence d’une telle opération, mais la discorde reste vive. Chavez, qui assure que l’embarcation militaire colombienne avait disparu lorsque les troupes vénézuéliennes sont arrivées, a qualifié la manœuvre de « provocation de la part du gouvernement Uribe. » Il a ajouté : « la menace contre nous grandit », et a invité son peuple a se tenir « prêt au combat ». Le ministre des affaires étrangères vénézuéliens a ajouté que son pays n’hésiterai pas à « répliquer en cas d’attaque ».
Lundi, dans un commentaire publié par la presse cubaine, Fidel Castro a exprimé sa crainte que « les forces yankees » utilisent les bases colombiennes non pas pour lutter contre la drogue, mais pour « provoquer un conflit armé » avec le Venezuela, et « promouvoir une guerre sale comme au Nicaragua ».
De son côté, M. Uribe maintient que l’accord passé avec les Etats-Unis ne porte pas atteinte à la souveraineté de son pays. Seuls 1400 soldats sont autorisés à poser le pied en Colombie, soit le maximum autorisé par les accords militaires en cours entre Bogota et Washington.
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