5 août 2009, Samia Bendodo
La gratuité des musées et monuments nationaux a été étendue, le 31 juillet, à tous les jeunes résidant dans l’Union européenne.
La mesure de gratuité des musées et monuments nationaux, qui concernait les jeunes Européens de moins de 26 ans, a été étendue aux résidents européens de cette tranche d’âge, quelle que soit leur nationalité. L’annonce faite le 31 juillet par le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, est une extension, quatre mois après l’adoption de l’accès libre aux musées.

La gratuité accordée aux seuls jeunes ressortissants de l’U.E, et aux enseignants, avait suscité quelques mécontentements et fait l’objet d’une plainte et d’un recours devant le conseil d’Etat par SOS Racisme, qui estimait que cette mesure constituait « une discrimination en raison de la nationalité pour l’accès à un service public, et à une prestation éducative »
Les jeunes Verts, représentés par leur secrétaire fédéral, Rémi Guerber, réclamaient à leur tour cette adaptation. Le président du musée et château de Versailles, Jean-Jacques Aillagon, lui-même ancien ministre de la culture, évoquait sur son blog, le 27 mai 2009, une mesure « vexatoire », et Richard Dell’Agnola, député (UMP) rapporteur de mission d’évaluation et de contrôle à l’assemblée, joint par téléphone au lendemain de la mise en place de la mesure, estimait que « cela pourrait être rectifié très rapidement ». C’est à la demande du président N.Sarkozy, que la mesure précédente, a été mise en œuvre par le ministre de la culture Christine Albanel. Elle a d’abord été expérimentée dans un certain nombre de musées, au premier semestre 2008.
Le récent communiqué de la Rue de Valois annonce que la fréquentation des musées par les jeunes de 18 à 25 ans a augmenté de 15% en moyenne, ce qui justifie l’étendue de la gratuité (expositions permanentes) à tous les jeunes résidents de longue durée dans les pays de l’Union.
Les résultats probants de l’étude menée en 2008, par Jacqueline Eidelman, sociologue, chercheur au CNRS, Cerlis, université Paris-Descartes, ont prouvé que « la gratuité est un réel levier de mobilisation pour les jeunes, qui ont plébiscité le dispositif, car ils possèdent un rapport naturel avec la gratuité ». La sociologue précisait « ça cristallise un mouvement, cela concerne un large public, la gratuité a un impact fort et ce, dans toutes les catégories populaires et primo-visiteurs. Elle permet une franche démocratisation de la culture ».
Une indemnisation budgétaire, estimée à 28 millions d’euros, devra être versée par l’Etat aux établissements concernés.
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