
La candidate UMP arrive à la mairie pour faire sa déclaration. © A. Doyen
Dans le quartier des gens aisés, la victoire de la garde des Sceaux était assurée. Pourtant, la candidate de la diversité a laissé durer le suspense.
Par : Didier TRUFFOT
« Le 7e montrera la voie. La tour Eiffel illumine Paris, notre arrondissement illuminera les feux de l’espoir. » Ce soir, Rachida Dati, en remportant la mairie du 7e arrondissement représente l’opposition dans la capitale. Avec plus de 57%, elle a gagné la triangulaire féminine qui l’opposait au PS (27,18%) et au Modem (15, 69%). L’UMP peut récupérer son symbolique cinquième siège perdu en 2001.
Pas de suspense pour un secteur où la gauche dépasse rarement les 25%. Pourtant, la tension existait. La ministre de la Justice est arrivée au 116, rue de Grenelle à 22h20. Se frayant un passage et embrassant des connaissances, elle était partie se réfugier dans l’antichambre de la salle des mariages. Les militants se pressaient devant le micro vide. Des applaudissements. Le fond de la salle se met sur la pointe des pieds pour tenter de mieux voir. « Elle est tellement petite, qu’on ne l’entend même pas » déplore une dame aux lèvres botoxées, sac Gucci à la main. Mais personne. Rachida Dati reste recluse.
Les applaudissements se répètent. Ils viennent d’un groupe arborant de larges autocollants rouges : « Les jeunes avec Delanoë. » Ils manifestent leur satisfaction dès qu’un résultat, annoncé à la télévision, est favorable à la gauche. Rachida reste toujours absente. Les cameramen devant le podium vide s’énervent, se plaignent de ne pas pouvoir travailler tant la foule les pousse. Une serveuse, prudente, décide de retirer les petits fours sur le buffet. « On attend Mademoiselle Dati. » La télévision annonce 57,7% pour Bertrand Delanoë. Les jeunes socialistes s’enflamment et scandent le prénom du maire. Dépassés, les militants UMP tentent de faire entendre leur voix et appellent « Rachida ».
22h50, la nouvelle élue se montre et déclare : « Je serai présente, nous serons actifs. ». Avant de regagner l’antichambre, elle conclut : « À certains : jogging dès demain matin. » Elle ne dira pas si elle décide de se consacrer pleinement à sa fonction. Après sa course, la bonne élève du président pourra choisir d’assortir sa nouvelle écharpe tricolore à ses robes Dior.



















