
Anne Hidalgo aux côtés de Bertrand Delanoë. © AFP
Dernier « café démocratique » au Moka, rue de la Convention,
où Anne Hidalgo (PS) rencontre militants et habitants du 15e arrondissement. La réunion est pimentée par la présence de Cécile Renson. Cette proche de René Galy-Dejean, maire sortant et dissident de l’UMP, appelle à faire barrage à la liste de la droite officielle menée par Philippe Goujon.
Par : Jean-François DEMAY
Anne Hidalgo est fatiguée et elle le dit, parle souvent de « ses cernes sous les yeux ». Il faut dire que le combat est difficile, le 15e arrondissement de Paris n’a jamais élu de maire de gauche. Cependant, la confiance est là. Sa liste est arrivée avec en tête avec 35,9%, battant de deux points celle de Philippe Goujon (UMP).
Pendant une heure, la candidate va tenir un discours convenu sur le logement et la culture, essentiellement tourné vers les classes moyennes qui peuplent l’arrondissement. Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, évoque les futurs achats de terrain par la Ville pour construire des logements sociaux et évoque la création d’un festival du 15e. Elle s’appuie le plus souvent sur le bilan de Bertrand Delanoë, parle du tramway et de la médiathèque Marguerite-Yourcenar. Un discours policé qui s’adresse essentiellement à des militants déjà convertis.
La fin de la réunion prend une autre ampleur avec l’intervention de Cécile Renson. Deuxième sur la liste de Gérard d’Aboville, la conseillère de Paris mène la fronde contre le navigateur qui, malgré ses 10,1%, a décidé de fusionner sa liste avec Philippe Goujon. Elle regrette que le leader de la droite dissidente ait fait fi de ses critiques contre la « droite parachutée » et rejoint l’UMP pour quelques places. Cécile Renson appelle ouvertement à voter pour Anne Hidalgo.
La candidate socialiste a plusieurs atouts. Outre son ancrage, elle bénéficie des dissensions qui minent la droite dans le 15e arrondissement. Le soutien de Cécile Renson à la liste d’Anne Hidalgo n’est pas forcément contre nature. Les deux femmes, si elles se sont souvent opposées, ont travaillé ensemble pour des projets communs comme la lutte contre l’implantation des sectes dans la ville. Par ailleurs, Cécile Renson se définit comme gaulliste sociale, critiquant par exemple les franchises médicales votées par le gouvernement. Cette indépendante a réussi à convaincre beaucoup des membres de la liste de Gérard d’Aboville de soutenir Anne Hidalgo, dont quelques conseillers du maire René Galy-Dejan. Cette dissidence suffira-t-elle a faire basculer à gauche le plus peuplé des arrondissements de Paris ? Rien n’est joué, et le scrutin de dimanche sera l’un des plus serrés depuis plusieurs années.



















