
Manuel Aeschlimann. © Jérôme Sornin
Dernière ligne droite pour Manuel Aeschlimann, le maire sortant UMP d’Asnières-sur-Seine. Il brandit la menace de « l’ultra-gauche » pour reconquérir des voix.
Par : Véronique FUVEL
« Asnières est en passe de tomber dans le néant. » Pour Yves Mouillaud, membre de la liste UMP briguant la mairie, l’heure est grave en ce vendredi 14 mars, 20 heures, deux jours avant le deuxième tour des municipales. Pourtant, Manuel Aeschlimann, la tête de liste, arbore un sourire avec les 41,6% de suffrages récoltés au premier tour. Mais ce premier affrontement est déjà loin. Depuis, les militants ont repris le combat dans la rue, « sous la pluie, dans le froid, les mains gelées ». Ils se sont même relevés au milieu de la nuit pour enlever « les tracts calomnieux de l’opposition ». Ce soir, ils sont bien au chaud dans la vaste salle de l’Espace Concorde. Le buffet est déjà prêt, comme les spots et les enceintes.
Entrée en scène du maire sortant sous un tonnerre d’applaudissements, d’où émerge un « A bas les opposants, à bas les ennemis ! » Le ton est donné. Après un petit film retraçant le « bilan exceptionnel » de la mandature, marqué notamment par « une baisse spectaculaire de la délinquance » et « un excédent budgétaire de 18 millions d’euros », une dizaine de personnalités représentatives de la liste du maire se succèdent une à une au micro.
Commence alors une série de variations sur le même thème : l’union de Josiane Fischer (divers droite) et de Christian Leblond (Modem) autour de Sébastien Pietrasanta est un « rassemblement burlesque », une « troïka improbable » ou encore, selon les termes de Marie-Dominique Aeschlimann, « la liste de la honte » qui n’est que le fruit de « l’aigreur d’opposants en mal de projets ». « Imaginez la catastrophe si le pire arrivait », si les « trotsko-marxistes » prenaient la mairie d’Asnières. Ce serait la promesse d’un virage « à gauche toute » avec « matraquage fiscal », « retour de l’insécurité », etc. L’assemblée en frémit.
Heureusement, « la farce cessera dimanche soir ». En attendant, il faut « boîter », tracter, téléphoner à ses amis, il faut « les écraser » car, rappelle la représentante du monde associatif, « lundi, il sera trop tard pour pleurer ». Sur l’écran géant, Manuel Aeschlimann pose la question : « On arrête ou on continue ? » Réponse dimanche soir.



















