
Lyne Cohen-Solal (à gauche). © DR
Les militants investissent le marché Maubert et parlent d’une triangulaire incertaine.
Par : Jérémie SIEFFERT
Philippe Meyer est le grand absent du marché Maubert, mardi 11 mars au matin. Après s’être exprimé la veille sur France-Inter, affirmant qu’il se maintenait, il n’a même pas envoyé une équipe de militants. Les tracteurs du PS et de l’UMP, qui se toisent, semblent presque déçus de ne pas pouvoir se mesurer au MoDem entre le fromager et l’étal de légumes.
« On ne comprend pas bien la stratégie de Meyer, avoue Bernard Rullier, conseiller municipal PS du 5e arrondissement. Il se maintient au deuxième tour, mais il ne vient pas faire campagne sur le marché. » M. Rullier n’est pas présent sur la liste PS car il était candidat à l’investiture contre Lyne Cohen-Solal, mais la soutient « naturellement ». A quelques mètres, la candidate socialiste tracte consciencieusement, dans l’indifférence générale. « Delanoë a refusé le soutien du MoDem, poursuit Rullier, car nous n’en avons pas besoin sur Paris, mais dans le 5e, ça nous aurait bien aidés… Cela dit, on y croit. Ségolène a fait 51% dans l’arrondissement aux présidentielles. » Soudain, vers midi, Jean Tiberi fait son apparition, entouré d’une large cour. Aussitôt, les caméras présentes se précipitent et ne le lâchent plus, même lorsque la pluie vient perturber le show. Le clochard cul-de-jatte assis devant l’étal du fromager observe le manège d’un œil amusé.
Au milieu de la mêlée, Benoît Prieur semble n’avoir rien à vendre, mais tente d’expliquer son point de vue aux caméras. Militant MoDem dans le 5e depuis vingt-cinq ans, il n’a pas digéré d’avoir été écarté de l’investiture au profit de Philippe Meyer, et appelle à voter socialiste. « Meyer est à la tête d’une liste de droite. Je suis scandalisé par leur décision de se maintenir au deuxième tour. Ils n’ont pas voulu de moi car je suis de centre-gauche, et ils savaient que je me serais désisté au profit de Cohen-Solal. »
« Bayrou n’a pas de ligne, c’est Sarnez qui a fait la stratégie du MoDem pour Paris. Elle a fait appel à Meyer en sachant qu’il n’aurait aucun scrupule à se maintenir. Elle a voulu négocier avec Delanoë un retrait de la liste PS du 14e, contre le retrait de Philippe Meyer dans le 5e. Mais Delanoë n’a pas voulu lâcher Castagnou... Maintenant, mon espoir est que Meyer siphonne les voix de droite, et que le centre-gauche vote Cohen-Solal. On ne peut pas considérer qu’au niveau de la gestion municipale, Tiberi et Cohen-Solal, c’est la même chose. Tiberi, c’est la mafia… »
Philippe Meyer s’exprime sur les élections au micro de France-Inter.



















