
Le maire de Montreuil pour son dernier meeting. © C. Lehnebach
Qui va tomber à l’eau ? En attendant dimanche, le maire de Montreuil se présente comme le capitaine du navire.
Par : Didier TRUFFOT
Costume cravate pâle, Jean-Pierre Brard avait mis de côté, jeudi 13 mars au soir, ses vestes voyantes pour présenter son programme. S’effacer pour mettre en avant solidarité et proximité. L’enjeu est de taille pour le maire de Montreuil taxé d’autocrate. L’Union de rassemblement pour la gauche avec 39,4% affronte au deuxième tour les Verts de Dominique Voynet qui ont récolté 32,4 %. Bienveillant, le candidat écoute son équipe exposer aux Montreuillois le programme. Logements sociaux, piscine couverte, extension du cinéma le Méliès avec maintien de ses prix bas, poursuite de l’aide au Mali, politique de proximité, etc. Chacun argumente le « nouvel élan » de la liste du maire qui officie depuis 1984. Au micro se succèdent les petits nouveaux, Yacine, 20 ans, Sidonie, 28 ans ou Ndero, 27 ans.
Au bout d’une heure, celui que tous attendent prend la parole. Brard vante les mérites de cette relève sur laquelle, à 60 ans, il peut compter. Quant à « Voynet, son programme c’est sa photo. Je ne parle que rarement à la première personne du singulier. Mais sur un bateau, il faut un capitaine qui dirige lorsque tous les marins ont fait leur boulot. ». Le maire met en avant son dévouement pour cette ville qui n’a pas de secrets pour lui. Il a d’ailleurs proposé à Dominique Voynet une visite guidée de Montreuil. Elle n’a pas répondu. Acceptera-t-elle ce débat qu’il propose pour samedi ? En refusant toute alliance, elle a choisi de laisser la droite arbitrer les dissensions à gauche. Voter Voynet, serait voter pour Sarkozy. Brard continue, lui, son combat contre l’Etat pour le bien-être des Montreuillois. L’homme s’installe dans la parole, multiplie les bons mots, continue de fustiger « l’anesthésiste anesthésiée qui ne voit pas les réalités de la ville et cherche à satisfaire des ambitions personnelles ».
Les mains se lèvent au son de « Je rêvais d’un autre monde ». Sautillante, une militante aux cheveux gras et T-shirt noir pailleté lance à sa voisine : « Brard, je l’adore. J’ai déjà posé mon lundi : ou je serai bourrée parce qu’on a gagné ou si on perd, je me bagarre et, là, je serai en garde-à-vue. »



















